• Poète*sse de Belgique

    Depuis le 29 janvier 2014, la Belgique a un·e Poète*sse de Belgique (anciennement appelé Poète National).

    Il s'agit d'une initiative littéraire du Poëziecentrum de Gand, de La Maison de la Poésie et de la Langue Française de Namur et de l'organisation littéraire VONK & Zonen d'Anvers, en collaboration avec la Maison des Littérature Passa Porta de Bruxelles. Depuis 2015, la Maison de la Poésie (Amay), le fiEstival maelstrÖm et les Midis de la Poésie (Bruxelles) ont également rejoint le projet.

    L'idée s'inspire du concept de "Dichter des Vaderlands" issu des Pays-Bas qui, grâce à la Fondation Poetry International, existe depuis 2000. Ce titre est un projet valorisant les échanges littéraires et culturels entre les 3 communautés linguistiques de notre pays.

    Le·la Poète*sse de Belgique est désigné pour une période de deux ans durant laquelle il·elle a pour mission d'écrire au moins 12 poèmes (6 par an) sur des thématiques liées à l'actualité ou à l'histoire notre pays et/ou de la société. Grace à l'aide du Collectif des traducteurs de Passa Porta, tous les poèmes sont disponibles sur ce site dans les trois langues nationales.

    Ce titre symbolique a été créé en 2014, avec la nomination du poète néerlandophone Charles Ducal. Deux ans plus tard, il a été transmis à la poétesse francophone Laurence Vielle. En 2018, à l’occasion de la Journée de la poésie, la néerlandophone Els Moors a repris le flambeau, suivie en 2020 par le poète francophone Carl Norac. Celui-ci a incarné la fonction jusqu’au 23 mars 2022, avant de passer le relais à Mustafa Kör. Depuis mars 2024, Lisette Lombé porte le titre de Poétesse de Belgique.

12 poèmes

Le ou la Poète*sse de Belgique est désigné·e pour une période de deux ans durant laquelle il ou elle a pour mission d'écrire au moins 12 poèmes (6 par an) sur des thématiques liées à l'actualité ou à l'histoire notre pays et/ou de la société.

Un projet d’échange

Le titre de "Poète*sse de Belgique" est un titre symbolique. Il s'agit surtout d'un projet valorisant les échanges littéraires et culturels entre les 3 communautés linguistiques de notre pays.

3 communautés linguistiques

Le titre de Poète*sse de Belgique, décerné pour la première fois en 2014, a été porté par Charles Ducal, Laurence Vielle (2016), Els Moors (2018), Carl Norac (2020), Mustafa Kör (2022) et c'est actuellement Lisette Lombé qui le porte. Elle le cèdera à Ruth Lasters en mars 2026. Tous les deux ans, le ou la Poète*sse de Belgique passe le témoin à un·e auteur·rice issu·e d'une autre communauté linguistique.

Collectif des traducteurs

Grace à l'aide d'un Collectif de traducteurs, tous les poèmes écrits par le ou la Poète*sse de Belgique sont disponibles dans les 3 langues nationales.

L'histoire du titre Poète*sse de Belgique

D'Horace à Emile Verhaeren

La fonction de Poète*sse de Belgique remonte à l’époque Romaine où le titre « Poeta Laureatus » était remis aux poètes dont le travail pour le Capitole était particulièrement remarqué et apprécié. Ces élus portaient une couronne de lauriers en hommage à Apollon. Horace, entre autres, (en 17 av. J.C.) a reçu ce titre honorifique.

Chez les Anglo-Saxons, le·la Poète*sse de Belgique était appelé « Poet Laureate ». À la cour de Grande-Bretagne, les rois avaient dans leur suite, un ménestrel ou un barde, dont la tâche était de chanter les louanges du roi. Le Roi Charles 1er attribua pour la première fois, en 1616, le titre de Poet Laureate à Ben Jonson. En 1668, le Poet Laureate obtint un statut royal officiel, lorsque Dryden reçut le titre. Depuis lors, le poète est nommé à vie. En Angleterre, le lauréat écrit des poèmes pour la Cour et lors d’événements nationaux. À la mort d’un lauréat, le Premier Ministre est chargé de nommer des éventuels successeurs parmi lesquels le roi fait un choix. Après la mort de Ted Hughes en 1998 – il avait gardé le titre pendant 14 ans – le poète Andrew Motion a été nommé en 1999. Motion a, entre autres, écrit des poèmes lors des attentats du 11 septembre, lors de la mort de la Reine Mère et un poème contre la guerre d’Irak. Le Poète Lauréat reçoit traditionnellement une rétribution annuelle. Depuis 2009 Carol Ann Duffy est Poet Laureate.

Depuis 1937, les États-Unis ont aussi leur Poète Lauréat. Celui-ci est nommé par la Bibliothèque du Congrès pour une période de huit mois. Aux États-Unis, le Poète Lauréat est également Consultant en Poésie auprès de la Bibliothèque du Congrès, sa tâche étant de rendre la poésie accessible à un plus large public. La Bibliothèque limite les tâches spécifiques du Poète Lauréat au minimum. Les nouveaux lauréats sont libres de développer leurs propres projets. Chaque nouveau lauréat donne une nouvelle interprétation à son statut. L’un compose une anthologie, un autre écrit des colonnes sur la poésie, un autre encore organise des programmes de poésie, présente des lectures dans les écoles et les universités ou travaille à la promotion de la poésie via internet. Joseph Brodsky, qui fut le Poète Lauréat américain en 1991 et 1992, lança le projet de présenter la poésie dans les lieux publics comme les supermarchés, les hôtels, les aéroports et les hôpitaux, projet qui fut également adopté aux Pays-Bas, lors de la journée nationale de la poésie, entre autres. Désormais, chaque état des États-Unis a son propre Poète Lauréat.

Le projet gagna une importance considérable aux Pays-Bas sous l’impulsion de Ramsey Nasr. Plusieurs poètes lui ont succédé en tant que « Poètes Nationaux » des Pays-Bas : Anne Vegter, Ester Naomi Perquin, Tsead Bruinja et Lieke Marsman.

C’est moins connu mais la Belgique a aussi eu un « Poète National » officiel. En effet, en 1899, le poète flamand d’expression française, Émile Verhaeren, fut nommé « Poète National » par le roi Albert Ier. Le poète quinquagénaire était alors au sommet de sa renommée. Il était une des figures de proue d’une nouvelle génération d’écrivains. Ses œuvres ont été traduites dans la plupart des langues européennes. Il a donné des allocutions dans toute l’Europe, jusqu’à Moscou et Saint-Pétersbourg.

En 2014, à l’initiative du Poëzicentrum de Gand, de la Maison de la Poésie de Namur et de l’organisation littéraire VONK & Zonen, Charles Ducal a succède à Verhaeren dans la fonction de « Poète National ». Depuis, le titre est transmis tous les deux ans en alternance entre un poète ou une poétesse de Flandre ou de Wallonie. En mars 2025, à l’instar des Pays-Bas et dans le but de donner à la fonction une image plus inclusive et diversifiée, le titre a été renommé « Poète*sse de Belgique ».


Sources:

Q&A


 Qui est à l’origine de cette initiative ?

Le projet Poète*sse de Belgique a été créé à l’initiative du Poëziecentrum de Gand, de La Maison de la Poésie et de la Langue Française de Namur et de l’organisation littéraire VONK & Zonen d’Anvers, en collaboration avec Passa Porta de Bruxelles.
Depuis 2015, la Maison de la Poésie (Amay), le fiEstival maelstrÖm (Bruxelles) et les Midis de la Poésie (Bruxelles) ont rejoint le projet.


Quelle est la fonction du·de la Poète*sse de Belgique ?

Le projet Poète*sse de Belgique est un projet d’échange littéraire établissant un pont entre les trois communautés linguistiques de notre pays. Le·la Poète*sse de Belgique est désigné pour une période de deux ans durant laquelle il·elle écrit au minimum six poèmes par an sur diverses thématiques de notre pays. Le titre de Poète*sse de Belgique, décerné en 2014 à Charles Ducal, a ensuite été cédé à Laurence Vielle, Els Moors, Carl Norac, Mustafa Kör et Lisette Lombé. Tous les deux ans, c’est donc un·e poète·sse issu·e d’une communauté linguistique différente qui est choisi·e pour porter le titre. Ce projet revêt également une fonction sociale, à savoir révéler le rôle la poésie dans le débat social.


Le projet Poète*sse de Belgique est-il un projet politique ?

Non. Il ne s’agit pas d’un projet nationaliste, ni belgiciste, mais d’un projet littéraire à l’échelle nationale créé par respect et intérêt pour la poésie issue des trois communautés linguistiques de notre pays. Ce projet transcende les frontières linguistiques, dans l’esprit du nouvel accord de coopération culturelle entre la Communauté flamande et la Communauté française. Il vise à stimuler les échanges littéraires et culturels à travers toute la Belgique.