LA NUIT, LA LUTTE
La première nuit est toujours la plus éreintante.
Tout encore à déchiffrer,
tout encore à comprendre.
C’est un travail,
de relier les signes entre eux,
une fois admis qu’aucune révélation ne tombe du ciel.
La première nuit est toujours la plus éreintante.
Tout encore à déchiffrer,
tout encore à comprendre.
C’est un travail,
de relier les signes entre eux,
une fois admis qu’aucune révélation ne tombe du ciel.
Congo-morgue,
Combien de vies contre une tonne de coltan ou de cuivre ?
Combien d’enfances dans tes blessures à ciel ouvert ?
Congo-chant de crécelles,
Aux pieds de qui s’agenouiller pour implorer la paix quand les dieux, eux-mêmes, jouent à la marelle avec tes dirigeants et les actionnaires de la planète fric ?
Read More›J’avais bien remarqué que quelque chose clochait durant le souper.
Tu étais pâle, coquille vide, là sans être là.
Tu mangeais tes frites avec tes couverts et pas avec les doigts.
Disparus,
le sourire béat des jours précédents, les soupirs d’aise,
et le disque ambré de ton aura.
Read More›Voilà comment…
Voilà comment, de la manière la plus saisissante qui soit,
voilà comment nos thorax se sont, un jour, ouverts en deux.
Certaines d’entre nous parlent de bombes sous les os.
Certaines d’entre nous parlent de trou béant dans la poitrine ou de fosses abyssales.
Certaines d’entre nous parlent de grande déchirure dans le ciel,
de saisons inversées,
d’écorces qui se craquellent sous la pression d’immenses souffrances.
Dans une autre vie, j’ai joué le jeu.
J’ai rempli des caddies en respectant à la lettre des listes de fournitures scolaires.
J’ai collé une étiquette avec le prénom de mes enfants sur tout, absolument tout, ce qui leur appartenait.
J’ai recouvert des cahiers d’écriture avec un film plastique qui gondolait et chaque bulle d’air semblait dire de moi que j’étais une mère manquant de soin.
Je me suis distribué des gommettes rouges en amont des critiques.
COCHE A si…
Ta langue est un boa. Constriction des réacs.
Pas besoin de venin pour l’attaque antifa.
Tu saisis, tu serres, tu avales et tu digères.
L’arnaque dissoute dans un acide pur et fier .
Vas-y ! Vas-y, le bras !
T’arrête pas pour moi !
Surtout, t’arrête pas !
Tourne, tourne.
Cherche la brûlure.
On s’arrangera avec l’épaule, demain.
On s’excusera pour la couture de la manche, pour l’arrachement, pour la souffrance, demain.
Vas-y, le bras !
Tourne, tourne.
Cherche la brûlure.
Étourdis les sentinelles du temps.
Tourne, tourne.
Et rappelle-toi de toi il y a dix ans.
JE DANSE
langue loque,
piment de la première strophe,
ligne de sueur sous mon poumon politique,
bracelets de cheville en verre pilé.
Piétiner toute poésie qui ne saignerait pas assez.
JE DANSE
robe blanche, linceul de l’éveil,
épaules recouvertes de pollen.
Ma mère dit que ça ne se fait pas, quand on a des voisins,
de faire sécher ses petites culottes dans le jardin.
Et je la crois.
Mémoires friables.
Fenêtres ouvertes.
Vent frais sur nos fronts.
Seconde de silence
juste avant les applaudissements.
Vingt heures pile.
Encouragements censés s’envoler vers le personnel soignant
mais élan inverse de l’hélium.
Ballon d’espoir qui se dégonfle au pic des contaminations,
retombe sur le flanc,
à côté d’une haie
de déshonneur.
DEMANDEZ-MOI pour qui je voterai aux prochaines élections, pour qui j’irai glisser dans les urnes le ticket gagnant du futur de mes enfants
et vous comprendrez le mot CONFIANCE.
DEMANDEZ- MOI pardon pour la gauche guimauve, pardon pour la droite draculesque, pardon pour le ventre fourre-tout du centre, sincèrement pardon
et vous comprendrez le mot COURAGE.
DEMANDEZ-MOI combien de couleuvres, combien de sornettes, combien de gouttelettes de spermes ou de sottes promesses j’ai avalées depuis mon adolescence
et vous comprendrez le mot DOMINATION.
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