Christian Merveille

 

On n’aurait jamais pu imaginer cela.

Et pourtant, c’est arrivé, voilà…

Il a fallu que tu partes comme ça,

sans que je sois auprès de toi.

 

Alors, – et tu m’excuseras –

mais , je voudrais, encore une fois,

– et je sais que tu ne m’en voudras pas – te retenir encore un peu en moi.

 

Quand tu seras en moi

je te prendrai la main,

j’effleurerai ton bras,

on s’enlacera

on s’embrassera

je te murmurerai tout bas

les mots que tu voudras

et quand les mots

seront vains, à la fin,

on se sourira

on se regardera

et dans cet ultime regard

te fermer les yeux

pour un dernier adieu.

 

Tu resteras en moi

le temps qu’il faudra.

Un instant, un moment,

juste un petit bout de temps

qui aura saveur d’éternité.

 

Ainsi, je pourrai te laisser aller

enfin délié, apaisé,

là où tu iras, sans moi,

là où tu es déjà

là où on se retrouvera

quand tu le voudras

près de toi,

au tréfonds de moi.

Taha Adnan : « Corona Versus »

 

Ne t’emballe pas épidémie

vas-y doucement

il n’est ici ni vaccin

ni remède

vas-y doucement, fléau

 

Nous, les vivants confinés

sur cette terre

journaliers de l’éternité provisoire

nous n’avons que les poèmes

– soupirs des mots –

que nous rédigeons

dans l’affliction du deuil

contre le désespoir

et l’effacement

 

À tout instant nous nous séparons

de cadavres stérilisés

de cercueils sans cortège

ni cérémonies funèbres

tandis que le virus mène

le monde consterné

vers un enfer invisible

vers un brasier sans fumée

 

Vous qui fuyez

la malédiction de la couronne

tribus de déguisés

masqués de mille couleurs

rentrez dans vos demeures

et mettez le verrou

recroquevillez-vous

tels des escargots

empêchés d’avancer

Distrayez-vous des menues inquiétudes

pour ce qui adviendra

et entrainez-vous au manque

 

Le temps n’est plus aux facéties

Le temps est à l’isolement

 

Retourne à ta caverne

humain

retourne à ton âge de confinement

retourne à ton terrier moderne

car le soleil d’avril est fallacieux

et dehors le printemps éclot

les bourgeons de la mort

Rentre et prends conscience

que l’univers tourne sans toi

et que l’enfer

n’est pas forcement

les autres

 

Tranquillise-toi, humanité,

la planète est fermée pour restauration

la vie un temps s’éclipsera

tel un soleil terni

aux rayons par la nue engloutis

Laissons s’assoupir le mystère de l’existence

dans le tiroir des secrets

et retranchons-nous

dans notre exil domestique

pour suivre ce scénario funèbre

jusqu’à ce que la terre reprenne son souffle

restons tranquilles pour un moment

peut-être long

et sourions, conciliants,

face à une éternité en poussière

 

Les lexiques nous égarent

Enchevêtrements de mots

le microscopique à l’essence des choses se mêle

nos chemins divergent

mais le mal se propage

sans différence aucune

entre indigent

sans toit

et tel prince

en son palais

 

Le temps n’est plus de murmurer

le temps n’est plus de se frôler

voici le temps de s’éloigner

Reprenons la mesure

de chacun de nos gestes

et du repos

telle une poignée d’obsédés

jouant à cache-cache

avec des micro-organismes aveugles

 

Le monde avance

les membres amorphes

les lèvres sèches

Les sentiments tuent

qu’on évite l’étreinte

qu’on se garde des baisers

car cet amour,

humain sentimental,

comme la guerre, est ruse

 

Le monde avance

bardé de ses conquêtes en éprouvettes

et des prophéties de microscope

lourd de ses guerres

de ses crimes

et des abjections du siècle

le monde avance vers son destin,

drapeaux en berne,

tandis qu’en sa débauche

le fléau sur les routes se vautre

et dévaste la Terre

sans un missile

sans un char

 

L’épidémie lance à la volée

ses couronnes mortuaires

dans un inquiétant et juste partage

pour que le berger soit au troupeau égal

de même l’auguste lignage

à la plus humble lignée

la religion à la secte

le royaume de chimère

à la république bananière

 

Nous nous installerons tous

dans notre lâcheté naturelle

et nous nous efforcerons à une vie inerte

sans funérailles, sans noces,

nous nous efforcerons au confinement

pour consigner jusqu’au souffle dernier

le râle de la terre,

éructant les déchets

nous lèverons le regard vers les cieux

vidés de leurs oiseaux d’acier

et de l’oxyde de la civilisation

 

Ô contamination rampante

Laisse-nous du temps

pour faire la course avec la fin

vers un indéchiffrable destin

face à face avec l’invisible

avec un balbutiement de soldat vaincu

recrachant ses derniers bouts de rêves

sur la terre de vainqueurs barbares

nous crions : doucement Covid

doucement le couronné

il n’est ni vaccin

ni remède

mais seules, des élégies

pour dire adieu à nos aimés

les déclamant

ainsi

de loin.

 

Bruxelles, 5 avril 2020

 

Traduit de l’arabe par Mohamed Khmassi et Catherine Charruau

مقام العزل

طه عدنان

مهلًا أيّها الوباءْ

رُوَيْدَك

لا مَصْلَ هنا

لا دواءْ

مهلًا أيّها البلاءْ

نحن الأحياءَ المعزولين

على هذه الأرض

مُياومي الخلود المؤقّت

لا نملكُ سوى القصائدِ

– نحيبِ الكلماتْ –

ندبّجُها

بحسرة الثكالى

ضدّ الأسى

والفناءْ

نُوَدِّع في كل حينْ

جثامينَ معقّمةً

نعوشًا بلا مواكبَ

ولا مشيّعينْ

فيما الفيروس يقتادُ

العالَم الحزينْ

إلى جحيمٍ لامرئيّْ

إلى محرقةٍ بلا دخانْ

أيّها الفارّون

من لعنة التَّاجْ

يا قبائل الملثّمين

المكمّمين

من مختلف الألوانْ

ادخلوا مساكنَكُمْ

وأقفلوا الرِّتاجْ

تقَوْقَعوا على أنفسكمْ

مثل حلازين

ممنوعةٍ من الزّحف

تلهَّوْا بالهلع الخفيف

ممّا هو آتْ

وتدرّبوا

على الفقدانْ

لا وقت للهزل

هذا أوان العزلْ

عُدْ إلى كهفكَ

أيّها البشريّْ

عُدْ إلى عصركَ الحَجْريّ

عُدْ إلى جُحْركَ العصريّ

فشمس أبريل كاذبةٌ

والربيع

يُزْهِرُ الموت

في الخارج

عُدْ لِتَعي

أنّ الكون منتظمٌ

بدونك

وأنّ الآخرينْ

ليسوا حتمًا

هُمُ الجحيمْ

اهدئي أيتها البشرية

الكوكبُ مغلقٌ للتصليحْ

ستحتجِبُ الحياةُ قليلًا

مثل شمسٍ كَليلةٍ

تناهبَتْ أشعّتَها الغيومْ

فَلْنترك لغز الوجود

يغفو

في دولاب الأسرارْ

ولْنَرْكُن

إلى منفانا الدّاجن

نتابع هذا السيناريو الجنائزيّ

إلى أن تلتقط الأرض أنفاسها

لنهدَأْ لوهلةٍ قد تطولْ

وَلْنبتسم بِقَبولْ

في وجه أبديةٍ من غبارْ

تشابهت علينا القواميس

أمشاجُ الكلماتْ

فاختلط المجهريّ

بالجوهريّ

تفرّقت بنا السُّبلُ

واستشرَت العدوى

لا فرق بين فقيرْ

بلا مأوى

ولا ساكن القصر

ذاكَ الأميرْ

لا وقت للهمس

لا وقت للّمس

هذا زمن التباعُد

لِنُعِدْ تحديد المسافة

في الحَراكِ

وفي السكونْ

كأنّا حفنة ممسوسينْ

نلعب الغُمّيضة

مع جراثيم عمياءْ

العالم يتقدّم

بأطرافٍ ميّتةٍ

وشفاهٍ ناشفةٍ

من الرُّضابْ

المشاعر تقتل

فاجتنبوا الضّمّ

واتّقوا القبلاتْ

فهذا الحبُّ

كالحرب خدعةٌ

يا أيّها البشرُ العاطفيّْ

العالم يتقدّم

مدجّجًا بالفتوحات المَخْبرية

والنبوءات المِجْهرية

مثقلًا بالحروب

والخطايا

ورذائل القرنْ

العالم يتقدّم إلى مصيره

بأعلامٍ منكّسَةٍ

فيما الوباء

يعربد في الطرقاتْ

يجتاح الأرض

بلا صواريخ

ولا دبّاباتْ

الوباء

يوزّع أكاليل الموت

بالقسطاس المريعْ

ليستوي الراعي والقطيعْ

وتستوي السلالات الرفيعة

والسلالات الوضيعة

المِللُ والنِّحل

ممالِكُ الجَوْز

وجمهوريات الموزْ

سنسكن جميعًا

إلى جُبْنِنا الفطريّ

سنجرّب العيش الفاتر

بلا مآتِمَ ولا أعراسْ

سنجرِّبُ الانزواءْ

لنكتب

حتى الزفير الأخير

حشرجةَ الأرضِ

وهي تتجشأُ النفايات

ونرنو إلى السماء

وقد خَلَتْ

من طَيْرها المعدنيّ

ومن أكسيد الحضارةْ

أيّتها العدوى الزّاحفة

تمهّلي قليلا

دعينا نسابق النهاية

نحو مصير غامض

في مواجهة اللّامرئي

بتلعثم جنديّ مهزوم

يلفظ أوهامَهُ الأخيرةَ

على أرض برابرةٍ ظافرينْ

نهتف: مهلًا كوفيدْ

مهلًا يا صاحب التاجْ

ليس لنا مَصْلٌ

ولا علاجْ

سوى المراثي

في وداع الأحبّة

نلقيها

هكذا

من بعيدْ.

بروكسل 5 أبريل 2020

 

Carl Norac : « Paysage d’un homme »

En hommage à Monsieur J-C W,

mort de façon foudroyante du Covid 19 dans une maison de retraite en Hainaut.

Ce poème, la famille l’a voulu inspiré par son amour de la nature et sa philosophie personnelle.

Il sera lu lors de la dispersion de ses cendres en un paysage qu’il affectionnait, celui de la forêt.

 

C’est un homme qui parfois entrait dans une forêt

à la recherche de lui-même et s’y retrouvait.

C’est un homme qui s’approchait d’un volcan

pour accorder son cœur au battement du monde

et quitter un autre tumulte.

C’est un homme qui, regardant l’immensité,

aimait avoir un oiseau d’avance dans les yeux.

C’est un homme qui, le soir, explorait le présent du jour

dans des livres d’histoire.

C’est un homme qui adorait étudier comment s’entrelacent,

en chaque particule, la terre et l’univers.

C’est un homme qui était aussi un père drôle,

audacieux qui, pour métier, soignait les cœurs

et disait son amour à sa façon.

Il faudrait dire : c’était.

Cet homme vient de partir sans le temps de l’adieu.

Mais restons dans le présent d’un paysage,

auprès de lui, homme comme clairière.

Un poète a dit que parfois les souvenirs nous devancent.

Cet homme aimait la forêt

et, aujourd’hui ici, il y retourne.

Quelques cendres vont s’envoler sur ce petit sentier,

mais en nous de si grands chemins tracés

nous demeurent.

Cet homme n’aimait pas trop qu’on parle de lui.

Il préférait marcher pour qu’un pas soit parole.

En haut de l’Everest, il tutoyait déjà l’intemporel.

Car il savait et le sait encore, où qu’il soit,

qu’en montant vers les sommets,

on finit toujours, au bout d’un moment,

par avoir un peu de ciel dans la poche.

Christian Merveille : « Pour Y. O. »

Je t’assure, crois-moi

Nous serons tous là

près de toi….

En silence…

Et c’est sans doute pour ça

que tu ne nous entendras pas.

 

Mais crois-moi

nous serons tous là,

derrière toi,

à quelques pas de toi.

Avec toi,

en silence, on s’avancera.

Juste là,

tout près de toi.

 

Ne te retourne pas.

Ne fais pas attention

aux murmures de nos pas.

Ils seront chants d’oiseaux.

Nous marcherons à distance

sur des semelles de silence.

Mais nous serons bien là,

près de toi, à deux pas.

Juste là,

derrière toi.

 

Non, ne te retourne pas.

Sache simplement qu’on est là.

Tous là…

Dans l’immense silence

de notre invisible présence.

 

Non, ne te retourne pas

sinon on disparaîtra.

Mais si tu veux,

ferme les yeux,

et tu nous apercevras.

Tu verras qu’on est tous là

Juste là,

à deux pas de toi,

derrière toi,

tout près de toi,

à côté de toi.

David Giannoni

Il est un fleuve pour nous toutes
Où se déposent sur une barque
Nos corps devenus cadavres
Privés de ce souffle
Qui pourtant jaillit souverain
Le jour de notre naissance ici-bas

Un cri
Alors
Un cri déchirant le deuxième hymen-mère
Cordon coupé
Téton gorgé du premier lait
Plus dense
Nectar
Comme un rappel du ciel

Puis la Traversée
De toute une existence
Et les doutes les joies les amours et les haines
La filiation parfois
Poursuivre dans d’autres corps
Ce que nous aurons été
Dans d’autres mémoires
Ce que nous aurons appris ressenti touché admiré

Et ce survol
Enfin
Alors que notre barque d’indien
Emporte cet amas d’os de chair de muscles et de sang
À l’arrêt

Nous sommes plus
Âmes reliées
Que la somme de tous ces instants
Nous sommes plus que la somme
De toutes ces solitudes

Aujourd’hui est jour d’adieu
Qui veut dire à bientôt
Dans un autre temps
Dans un autre lieu
Où tout se boit
Et où nul ne boit
Où tout nourrit
Et où nul ne mange

Un festin
Se prépare

Nous en serons toutes et tous
Distincts et pourtant unis

Aujourd’hui
Est le jour
Avant ce jour
Il se lève avec un cri
Qui ouvre le silence
Un cri doux

Le troisième hymen
Est celui de notre âme
Qui elle aussi se déplie

Naît alors
L’être véritable

8 avril 2020

Jan Baetens

nous te couvrons de larmes et de linges

pour bâtir ta demeure

un seul instant a suffi

les tiroirs ne sont pas vides

quand nous les regardons

les murs deviennent miroirs

les rues sont pleines de lignes

et de poèmes sans paroles

tu as compris l’incompréhensible

tu nous le dis

Serge Delaive : « Lacune » et « Pour la soif »

« Lacune »

 

Parler de rien de la poussière

de la lumière ultime silence

après la matière et l’espace

parler de rien de la poussière

chair du temps où elle se pose

et décompose tout les cendres

aussi mais les gens pourquoi

en parler affublés de poussière

à épousseter pour qu’elle descende

donner chair à la matière

à sa manière de toute manière

englober tout même la lumière

ultime saut avant le rien

dont on ne parle pas

à pas soulever la cendre

ou constatant les insectes

pousser la poussière.

 

« Pour la soif »

 

Et de l’espoir né au matin

d’une nuit qui n’a pas voulu de nous

espoir pourvu d’énergie

après trois heures après

ne demeurent qu’os blanchis

bien que derrière la fenêtre un jour

appelle enfin dans les confins

dont on va entendre parler

longtemps encore pas besoin

d’être devin mais cet espoir

né au matin insomnié

persiste en sa dilution

dans l’affliction des jours

que rêves cauchemars ou cyprine

fabriquent aux dés loin des augures.

Antoine Boute

Partir c’est habiter

radicalement partout

par exemple ventilé en

chromosomes épouvantails

rigueur affable mollusques

ministres torpeurs torrides

dérèglements météorologiques

divers mourir est une difficile

fête renversée diversement

pointue fragile

tangible

habiter le monde et décéder

sont sur le même bateau

depuis la nuit des temps

de bonne humeur et désespérés

des milliards d’atomes volètent

calamars d’étoiles et ricochets

jusque dans les bulbes les insectes

et les toiles absurdement tissées

de cette grande blague

parfois mille fois

pas drôle qu’est la vie

printemps bulbes déconfiture

de l’humaine graine nous voici

enflammés impuissants mais

d’humaines graines tout de même

d’humaines graines à la latence

vitale le monde est grand

quoique tout petit

comme tu nous quittes

c’est une école

douce violente

où nous tenterons

avec délicatesse

d’apprendre à lire

partout les traces

de la présence

de ton absence.

Peter Theuninck : « Les esquimaux »

Les Esquimaux n’ont ni passé ni futur.

La neige est leur palais et leur peau,

c’est un pays d’hivers et de frugalité,

plongé dans la clarté la plus obscure.

 

Les Esquimaux comprennent la gestuelle

des flocons qui tombent, chantent en chœur

le chant de la banquise,

peuplent l’espace du renard polaire.

 

Les Esquimaux cheminent sur l’eau.

Leurs traîneaux  tranchent une brèche

dans l’horizon. Leurs harpons harponnent

les trajectoires des planètes.

 

Les Esquimaux ne sont pas faits

pour la chair d’une femme,

pour le cœur flambant d’un foyer.

Les Esquimaux au printemps ne peuvent résister.

 

Traduction par Danielle Losman

Gedicht in het Nederlands

Luuk Gruwez : « L’art de l’arbre »

En mémoire de monsieur H. V.*
né à Waregem le 6 avril 1941
et décédé à Courtrai le 29 mars 2020
des suites du coronavirus COVID-19.

 

Comme si c’était hier, je chante de nouveau tremblant

dans ma si fine tunique de phrases, exactement

comme quand un prince boutonneux se débattait encore en moi,

truffées d’un je trop abondant, pas encore rompues

 

aux caprices et aux usages du dernier soupir.

Je rêvais assis dans ta classe, lorgnait les ormes

par la fenêtre. Tu disais : « L’art de l’arbre, c’est la feuille. »

Je pouvais encore feinter : un jour je me dévoilerais dans mon écriture.

 

Alors que la pénombre n’avait pas encore envahi la pièce,

tu tenais la lampe à mes côtés, me montrais la voie jusqu’aux

confins de ma langue maternelle pour m’éviter

de me perdre en elle. Et comme tu me faisais voir

 

l’inutilité magnifique que tu tiens pourtant

à éclairer bien qu’elle resplendisse déjà d’elle-même.

−Un demi-siècle plus tard. Je dois toujours me dévoiler

dans mon écriture. Ton souffle coupé me fait

 

suffoquer. Des brigands ont débarqué en toi.

Ils se sont emparés de ta langue et de ton existence

dans le plus vorace de tous les printemps où

tu ne vois plus pousser ni tomber aucune feuille.

 

* H. V. fut mon premier professeur de néerlandais : il fut parmi les premiers à ouvrir plus amplement la porte de la littérature déjà entrouverte chez moi.

 

Traduit par Pierre Geron