Die Nacht ist
klar verglüht
ein Stern wie Licht
das Leben
La nuit est
claire une étoile
filante lumière
la vie
« INDEX DES POÈMES DISPONIBLES
Taha Adnan : « Corona versus » (مقام العزل) (+vidéo)
Jean D’Amérique : « nuit lacrymale »
Hubert Antoine : « Réservez-moi un rêve »
Jan Baetens : « Nous te couvrons de larmes et de linges… »
Antoine Boute : « Partir c’est habiter radicalement partout… »
Eric Brogniet : « Rose noire » (+vidéo)
Carino Bucciarelli : « Mars 2020 »
Valérie Carbonnelle : « Toi qui as aimé »
Thierry-Pierre Clément : « Notre amour est avec toi »
Pierre Coran : « Devoirs »
Thibaut Creppe : « L’autre côté du soir » (+vidéo)
Serge Delaive : « Lacune » et « Pour la soif »
Aurélien Dony : « C’est jour de triste… » (+vidéo)
Claude Donnay : « Fleurs de funérailles »
Charles Ducal : « Sauf toi » (+vidéo)
Perrine Estienne : « Toucher » (+vidéo)
David Giannoni : « Il est un fleuve pour nous toutes… »
Leo Gillessen : « La nuit est claire… »
Aliette Griz : « De quoi avez-vous besoin pour ce voyage ?… » (+vidéo)
Corinne Hoex : « Le pays lointain » (+vidéo) et « La dernière neige »
Peter Holvoet-Hanssen : « Chant de grenouilles »
Maud Joiret : « Nous avons dit aux heures… »
Gioia Kayaga : « Turi Kumwe (On est ensemble) » (+vidéo)
Jessy James LaFleur : « Ein Ort namens Ewigkeit »
Werner Lambersy : « Je n’étais pas là… » (+vidéo)
Soline de Laveleye : « Toi qu’embrasse la lumière »
Pascal Leclercq : « Reste la vie que j’avais cru si douce… » (+vidéo)
Philippe Leuckx : « Prières, poèmes »
Béatrice Libert : « Ce matin-là » et « Paroles du soir »
Françoise Lison-Leroy : « Tant de choses à te dire… »
Karel Logist : « Comment se tenir là pour te dire au revoir?… » (+vidéo)
Lisette Lombé : « Parmi les tristes, je me tiens debout… » (+vidéo)
Jean Loubry : « Puisque… »
Veronika Mabardi : « Tu n’es pas loin, non… » (+vidéo)
Manza : « Il y a ceux qui partent trop tôt… »
Dominique Massaut : « Habiter les autres »
Paul Mathieu : « Assis au seuil… »
Christian Merveille : « On n’aurait jamais pu imaginer cela » (+vidéo)
Serge Meurant : « Dans l’ignorance de ce qu’il vécut… »
Yves Namur : « (Un poème de circonstance) » (« (Poem for the occasion) » ; « (Poema de circunstancias) »)
Lucien Noullez : « Qui pousse dans le dos ?… »
Lucie Niclaes : « L’ange-nuit »
Tom Nisse : « Prières »
Colette Nys-Mazure : « Nous allons sans savoir… »
Jean-Luc Outers : « Le son de la terre » (+vidéo)
Anne Penders : « Myosotis »
Francesco Pittau : « Tu es là… » (+vidéo) et « Je n’ai pas pleuré sur ta tombe… »
Béatrice Renard : « Le plus difficile » (+vidéo)
Milady Renoir : « En deux temps » (+vidéo)
Elke de Rijke : « Environnement »
Laurent Robert : « Consolation contre le temps »
Marie-Clotilde Roose : « Est-ce que Tu nous attends ?… »
Timotéo Sergoi : « Les valises » (+vidéo)
Peter Theunynck : « Bonne nébuleuse » (+vidéo) et « Les esquimaux »
Jérémie Tholomé : « On laisse »
Vincent Tholomé : « Le grand partage » (‘The great divide ») (+vidéo)
Jean-Pierre Verheggen : Mort où est ta victoire? (+vidéo)
Anne Versailles : « Ce matin, j’ai changé l’eau des fleurs… » (et traduction espagnole) (+vidéo)
Laurence Vielle : « Au revoir… » (et traductions espagnole, turque, flamande et anglaise) (+vidéo)
Pierre Warrant : « Que reste-t-il… »

Avec le soutien de la Loterie Nationale et ses joueurs.
Die Nacht ist
klar verglüht
ein Stern wie Licht
das Leben
La nuit est
claire une étoile
filante lumière
la vie
À Ornella et sa famille
Toucher
Réflexe originel, premier sens en action dans le corps maternel : toucher.
Besoin humain essentiel,
D’une main,
Toucher.
Toccare
Né du latin lointain :
toucher, frapper, heurter.
Toc-
Au cœur, au corps,
Geste de vie et de mort.
D’un coup, privé.e de tou- ce qui est -cher.
Choc
Toccare.
Absence
Que rien ne peut combler.
Ellipse, et silence.
Seule,
La main se replie, se serre.
Sombre et tendue, à poing fermé.
À défaut de sens…
Un regard peut-être ?
Des rires, une fenêtre ouverte.
Le vent qui entre ensuite,
Moins perceptible, l’observer à travers, l’écouter.
Progressivement, le sentir venir
« Effleurer », comme les doigts qui s’approchent ;
« Caresser », comme les paumes qui se frôlent ;
« Entourer », comme les peaux qui s’étreignent.
Ces mots,
Soufflent sur le poing,
Disent qu’après l’éclipse,
La lumière revient.
Invisible enveloppe,
Lettres d’Amour.
On ne peut dire adieu
Sans refuser d’y croire
Et confier au brouillard
Ceux-là qu’on aimait tant
Je voudrais ralentir
Le dernier au revoir
Trouver à l’injustice
Qui vient sans prévenir
Quelques vices de forme
Je voudrais être là
Où tu souris toujours
Et où la mort n’est rien
Qu’une perte de temps
Puisque à présent le jour
Finit, je me demande
À quoi peut ressembler
L’autre côté du soir
On ne peut dire adieu
Sans refuser d’y croire
à Liliane Wouters
Est-ce que Tu nous attends ?
Nous, qui croyons tant de choses
lourdes comme ces brindilles
que portent les fourmis
nous agitons nos minuscules
mains d’enfants. Chargées
qui de drapeaux, qui de jouets
prodiguant cendre ou mort
– quand ce n’est pas le blé
des moissons et des oeuvres.
Nous n’avons entrevu
de ciel qu’aux premières souffrances.
C’est la douleur sensible
qui a mû en questions
le système des larmes.
De là, toutes nos tentatives
pour Te saisir, ou T’oublier
en l’espace déserté.
Mais, hors de notre temps
(insonore intervalle)
que peuvent nos mains, nos
bagages d’insectes ?
Est-ce que Tu nous entends ?
Nous avons
dit aux heures
tendres de nous
entourer de chaleur
et elles nous ont entendu.e.s
Nous avons
cherché la part
de secret cachée
dans les boîtes
à musique de l’enfance
nous la cherchons encore
Des matins
bleus
des nuits
tranquilles
au seuil de ce qui
toujours
commence
nous avons donné
au silence
sa feuille de route
un poème troué
de rires et de fureur
car il n’est jamais certain
que nous ne changions d’avis
sur la couleur de nos désirs
sur un coup de tête
– une main tendue
au hasard
est un baiser
aux étoiles
Nous avons
touché
le coeur du temps
– en partage
tu y déposes ton empreinte
nous te suivons
les yeux ouverts
les bras serrés
sur ton passage
si les heures
décident
de nous rendre
un peu de ta tendresse
à la lisière de nos vies
au creux du mystère
elles nous disent déjà
nous ne perdons
ni ton nom
ni ta trace.
Ce matin, j’ai changé l’eau des fleurs.
J’ai ouvert grand la fenêtre.
J’ai coupé le chauffage.
Dehors, le forsythia est en fleurs.
La corneille a presque fini son nid.
Ce matin, devant la fenêtre, je suis restée.
A regarder la rue.
A regarder la rue vide.
Seule la corneille…
Puis un avion est passé.
Cet après-midi.
Ce soir.
Demain.
C’est long.
Tu n’es pas là.
J’ai tant de choses encore à te dire.
T’ai-je parlé de la corneille ?
Des fleurs sur le balcon ?
De la couleur de ton blouson ?
Du rouge gorge de cet hiver ?
Et de cette gorgée de bière ?
De ce livre à peine ouvert ?
De ce film revu encore et encore ?
De cette nuit, de cette aurore ?
De cet ami retrouvé ?
Des pommes de terre que j’ai semées ?
De ces chaussures que j’ai vues ?
De cette dame croisée en rue ?
De ce pépin, de ce tracas ?
De cette bruine qui n’en finit pas ?
T’ai-je parlé de tout cela ?
J’ai tant de choses encore à te dire.
Cet après-midi.
Ce soir.
Demain.
C’est long.
Alors, viens.
Viens avec moi.
Nous irons marcher.
Nous irons par les chemins.
Ton bras à mon bras si léger.
Je te dirai
le ciel fardé pour te retrouver,
les arbres déçus de n’avoir pu te rencontrer,
ce chant écrit pour toi par tous les oiseaux du quartier,
la tendresse lue sur les lèvres des amis éloignés,
l’étreinte de nos mains empêchées,
le vent qui ne parle que de toi,
l’absence qui déjà creuse son terrier.
Je te dirai tes bras et tu me serreras.
Esta mañana, les cambié el agua a las flores.
Abrí la ventana de par en par.
Apagué la calefacción.
Afuera, la forsitia está en flor.
La corneja casi ha terminado su nido.
Esta mañana, frente a la ventana, me detuve.
A mirar la calle.
A mirar la calle vacía.
Solo la corneja…
Luego pasó un avión.
Esta tarde.
Esta noche.
Mañana.
Se hace largo.
Tú no estás.
Tengo aún tantas cosas que decirte.
¿Te hablé de la corneja?
¿De las flores en el balcón?
¿Del color de tu cazadora?
¿Del petirrojo de este invierno?
¿Y de aquel trago de cerveza?
¿De ese libro casi sin abrir?
¿De esa película vista una y otra vez?
¿De aquella noche, de aquella aurora?
¿De aquel amigo recuperado?
¿De las patatas que sembré?
¿De esos zapatos que vi?
¿De aquella mujer que me crucé por la calle?
¿De aquel lío, de aquella preocupación?
¿De este calabobos que no se acaba nunca?
¿Te hablé de todo esto?
Tengo aún tantas cosas que decirte.
Esta tarde.
Esta noche.
Mañana.
Se hace largo.
Así que ven.
Ven conmigo.
Saldremos a caminar.
Saldremos a los caminos.
Tu brazo prendido de mi brazo, liviano.
Te hablaré
del cielo arrebolado para encontrarte,
de los árboles chafados por no haberte encontrado,
de este canto escrito para ti por todas las aves del barrio,
de la ternura leída en los labios de los amigos lejanos,
del apretón de nuestras manos frustradas,
del viento que habla solo de ti,
de la ausencia que cava ya su madriguera.
Te hablaré de tus brazos y tú me abrazarás.
Traducido por Regina López Muñoz
Nôtre cette époque sans égards envers
la terre qui maintenant en récupère tant
des nôtres chers saturée est notre terre
par tant d’êtres et par leur dernière chair
en cette saison d’un printemps ascendant
dans l’air résistent les modulations fières
du retour des oiseaux autour des maisons
dans les arbres des cimetières accentuant
cette saison vouée à tant de disparus chers
et pourtant nous la protégerons notre terre
dans le deuil dans la colère car il est temps
de se souvenir de l’avenir en voici la prière.
In memoriam
Dors mon âme dors
et ne crains
Tombe l’entrave
Cèdent les liens
La nuit
s’achève Le jour
Survient
Puisque…
Puisque pas de mains
Au front de qui part
Puisque pas de signe
Pour affronter l’adieu
Puisque chacun seul
Face à la mort qui vient
Que le drap soit caresse
Par les mots du poème
Que le vent soit paroles
Portées par qui les pensent
Que le chant chante loin
Par sa musique absente
Le portement des corps
Dans un écrin d’amour
Assis au seuil du seul dans la nuit qui s’allonge à pas de renard & à pas de loutre avec son champ désormais en friche & l’établi désert voilà le marcheur qui s’en va retrouver quoi ?
À la sortie du chemin où il a avancé comme il a pu le vacarme du désir sourd encore au creux des puits dans l’obscurité soudaine où l’on entend cahin-caha murmurer son histoire
Éblouis par l’hésitation permanente du soleil on invente alors déployées dans le vent & dans le vert quelques herbes tremblantes ramenées de toutes les prairies de rencontre
Comme dans un songe on dit « Nous sommes » & l’on affirme avoir été pour garder un peu de lumière au-delà de l’horizon malgré la pluie qui vient & qui est venue
Deux ou trois frêles phrases de funambule qui s’élancent vacillantes au-dessus du vide & qui portent l’humanité sur leur maigre poitrine
Il y a ceux qui partent trop tôt
Ceux qu’on regrette trop tard
Emportés par les maux
À leur chevet,
ma plume leur dépose des bouquets
de mots,
des échos
De nos chœurs d’amour
Des absences amères
Des allées sans retour
La maladie joue des tours
La mort s’empare de nos nuits
Elle nous confine aux confins de l’ennui
À nos disparus
Partis sans dire aurevoirs
Trop tard pour les pleurer
Des bruits de trépas dans le couloir
Des photos qui collent à nos mémoires
De traces de souvenirs dans le miroir
Des ailes d’ange les ont portés vers un autre part
De là où on ne revient pas
De là où quand quelqu’un y va
Les proches n’en reviennent pas
De ce vide qu’il laissera…
Le corona a pris des milliers de vie
Mais la solidarité, jamais ne plie
Pour les défunts, l’enfant prie
Le personnel soignant veille sans répit
Tandis que le poète écrit
Des lignes de soutien à toutes les familles
Pour que jamais, on ne les oublie
Pour que jamais, on perd l’espoir de vue
Ce qui tue, nous rendra que plus vivants
Plus bienveillants, soucieux des vrais engagements
Unis pour se souvenir, pour se sourire
Pour se soutenir
Planter nos coeurs et nos pensées comme des drapeaux de beaux soupirs
Brandir l’amour à nos absents
Qui nous manqueront éternellement
La vérité dans le regard des enfants
Nos petits mots, des petits pansements
On se retrouvera, une question de temps,
on est juste de simples passants…
Manza 199
1
Tu pars sans nous
en ce printemps si froid
tes yeux n’ont pas eu
le temps de revoir
les roses de humer
dans les soirs
le parfum les lilas
Tu traverseras le pont
et nous serons là
à t’attendre
avec l’amour qui rend
l’absence moins redoutée
Tu pars vers l’inconnu
de nos vies
2
Il y a le ciel
au-dessus des parterres
et nos mains
qui rameutent
ces sanglots et ces peurs
tu n’es pas seul(e)
tu viens à nous
quand le souvenir
bat le rappel
des offrandes
que furent tes jours
tout aura été si vite
et le coeur a du mal
à retrouver son port.
En Kirundi, pour se dire au revoir,
quand on quitte quelqu’un,
un ami ou un membre de la famille,
on peut se dire « Turi kumwé ».
Ça signifie « on est ensemble » :
malgré l’éloignement physique,
on est unis par des forces invisibles ;
on reste connectés.
« Turi kumwé », pour dire :
les liens qui nous tissent sont solides et sincères,
ils ne craignent pas les kilomètres,
ne pourront jamais disparaître.
« Turi kumwé », pour dire :
les liens qui nous tissent sont le sang, la mémoire,
ils se déploient bien au-delà des étoiles du soir,
ils sont faits de tout ce qui filera toujours entre nos doigts.
« Turi kumwé »
Juste deux mots pour dire tout ça.
J’ai perdu des proches là-bas,
au Burundi, plusieurs fois :
mon grand-père, ma cousine…
je n’ai pas pu être présente aux funérailles.
Alors avec les autres, on se parle
puis on se dit au téléphone ou par message,
« Turi kumwé »
deux mots lancés comme une bouée de sauvetage.
On est ensemble :
ce soir, moi non plus, je ne dors pas
à distance, je te serre fort dans mes bras.
On est ensemble :
notre douleur en partage
à distance, je sèche les larmes sur ton visage.
« Turi kumwé »
Je te garde avec moi.
Tu me gardes avec toi.
Juste deux mots pour dire tout ça.
J’espère que vous me pardonnerez de vous parler de moi,
plutôt que de Dieu, du ciel,
de la folie de ce moment précis
et de l’abîme de votre chagrin.
J’ai une seule règle en poésie :
être sincère,
parler uniquement
de que de ce que je connais bien.
Et je ne sais rien du destin,
je ne sais rien de votre peine,
rien de celui.celle que vous pleurez ;
je ne sais rien de son chemin,
de qui il a été
ni de combien votre cœur saigne
de le voir s’en aller.
Je sais seulement l’impuissance,
la solitude, l’éloignement, le silence
quand on ne peut ni dire au revoir à celui qui s’en va,
ni embrasser ceux qui restent.
Je connais ce poids qui leste,
qui rend lourd et acide l’estomac.
« Turi kumwé »
Je veux juste vous écrire, vous dire :
je suis avec vous, aujourd’hui.
A travers le temps et le monde,
à chaque naissance, chaque perte, chaque seconde ;
nous sommes ensemble
dans notre humanité ;
nous partageons l’expérience,
l’épreuve commune de l’humilité.
Je suis avec vous, aujourd’hui,
et nous sommes des milliers,
dans les villes, les campagnes :
des milliers de cœurs qui vous accompagnent…
Des cœurs abstraits.
Physiquement, vous êtes seul.e.s
dans cette tempête.
Seul.e.s sur le seuil,
seul.e.s face au deuil universel
des exilés, des prisonniers
seul.e face au deuil intemporel
des réfugiés, des confinés.
Le deuil est une expérience personnelle
qui se réinvente à chaque perte.
Vous êtes seul.e.s sur le seuil,
et il faut apprendre :
apprendre à raviver les gestes,
les mémoires anciennes,
les rites des ancêtres
inscrits au creux de nos ADN ;
apprendre à inventer ses propres règles,
ses traditions nouvelles,
ses rituels collectifs et individuels
pour apaiser la peine.
Allumer une bougie
pour accompagner l’âme
regarder danser la flamme,
peut-être même danser avec elle.
Écrire des lettres sur papier :
écrire les mots qu’on n’a jamais dits,
les mots qu’on n’a pas dit assez souvent,
qu’on n’a pas dit assez fort,
les mots qu’on n’a pas dits une dernière fois.
Prendre un seul jour ou plusieurs mois,
écrire ces mots et, toujours,
les libérer en les lisant à haute voix.
Dresser un hôtel,
brûler l’encens
Accepter la tristesse,
sentir l’odeur,
entendre la voix
Accueillir les signes qu’il.elle nous envoie
Témoigner du supplice,
dénoncer l’injustice
Chanter en boucle cette chanson qui fait du bien
Habiter en paix avec son chagrin
Dessiner un portrait,
en chérissant chaque trait
Fabriquer des écrins
pour les images, les objets
Écrire une oraison vitale
Se rappeler que personne ne disparaît, jamais :
des âmes rejoignent la Lumière,
des âmes rejoignent l’Univers.
Les êtres qu’on aime deviennent des comètes,
deviennent des anges qui nous protègent.
Écrire un carnet avec les larmes et les sourires,
noter chaque détail, chaque souvenir
Rendre un hommage intime
Se reconnaître victime, ensemble.
Et partager.
Partager l’émotion avec l’autre,
avec les autres,
refuser de porter seul sa peine
comme on porterait une faute.
Trouver les mots pour partager les Adieux,
avec l’âme, plus qu’avec le corps.
Trouver le moyen d’être là, pour eux
d’être présent, pour ceux qui restent, encore,
encore un peu.
Être là, au-delà de la peur ambiante,
de l’incertitude, du confinement.
Être là, malgré l’éloignement,
Inventer ses propres « Turi Kumwé ».
Être là avec courage et créativité.
Être là et tout réinventer.
Tu n’es pas loin, non
Je sais que tu m’entends
Il n’y a plus de temps maintenant
Plus de peur
Plus de séparation
*
Je tisse des pensées vers toi, dans cet ici où tu es
Et tous tes petits gestes
Ton visage quand tu ne sais pas que je te regarde
Ton dos quand tu t’éloignes après avoir dit au revoir
Ce nuage qui passait dans tes yeux, sans explications
Tes mains sur la table
Ta voix
Les repas partagés
Les silences
La peau
Les mots que tu prononçais
Tout ce que tu n’as jamais dit
Tout ce que nous savons de toi
Tout est là maintenant
Je prends tout et j’avance
*
Et je te laisse aller
Avec tout ce qui est
Et la douleur aussi est là
Mais ne t’inquiète pas
Nous ne sommes pas seuls
*
Il y a eu cette lumière sur le mur – et un voile d’ombre
Et la lumière à nouveau
Tous les détails nous viennent de toi
*
Un oiseau s’est posé sur le trottoir – c’était toi
Un enfant a ri
Et maintenant j’égrène tout ce qui nous appartient
Je fais la liste des bénédictions
*
Et maintenant tu ouvres un espace inconnu
Et je suis curieuse
De cet avenir qui nous attend maintenant que tu es devenu autre
Non tu ne seras jamais très loin
*
Ce qui nous séparait n’existe plus maintenant
Il n’y a plus que nous
Et maintenant tu nous relies
Nous qui restons ici pour un moment encore
Tu es entre nous – un fil solide qui nous empêche de tomber
Et nous avancerons
Avec toi
Avec tout ce qui est
Avec la douleur parfois
Mais avec cette chaleur aussi
Cette chaleur sous les larmes quand nous nous souviendrons de toi
De toi et de nous avec toi
Nous avancerons avec les détails
Le temps n’a plus d’importance
Avec chaque moments – tout est là maintenant
Et ce sera précieux de t’avoir connu
Je te laisse aller – sois en paix
Nous resterons là encore un moment
Nous veillerons
Nous guetterons les signes
Nous t’évoquerons et cela te fera revenir
A quelques pas de nous
Ne t’inquiète pas
Nous ne sommes pas seuls
Il n’y a plus rien à dire.
Te voilà à l’orée de cette forêt
que tu vas traverser.
Seulement écouter
le frottement léger de ton espadrille
dans le sous-bois feutré.
Tu fais signe au revoir.
Le vent dans les pins
t’emporte et tu danses,
danses avec le ciel,
danses avec la pie
au-dessus des nuages.
Tu fais signe au revoir.
Au revoir. Au revoir.
Tu bois l’horizon.
Tu bois la lumière.
À travers les branches,
le dard du soleil.
Tu fais signe au revoir.
Les oiseaux se taisent.
Couronnement muet.
Avalanche d’aiguilles.
Au revoir. Au revoir.
Le dard du soleil.
Parfum vert du vent
que le ciel emporte.
Reste la vie que j’avais cru si douce – et qui dans mon dos fourbissait ses armes. Reste la possibilité de partir, restent les devantures des magasins de luxe, devant lesquelles on reste pour rester. Reste le restant dû, qu’il faudra bien solder un jour ou l’autre, les amis qui resserrent les liens, qui ne lâchent rien mais qui restent impuissants, restent les mains, les pieds, les corps de nos enfants en devenir, restent les têtes bien faites, reste le souvenir des jours passés à s’étreindre, d’une peau qui frémit au premier soleil du matin, reste un son venu tout droit du désir de vivre, et le cœur qui s’emballe à la vue d’une nuque, ou de la silhouette aimée, restent les soirs passés à t’attendre la nuit, restent les nuits passées à t’attendre, restent les derniers jours, reste une envie aiguë, ou pas du tout aiguë, plus du tout affûtée, reste une faim qui s’aiguise en mangeant, restent les verres, les couverts, les assiettes et les tasses, reste tout ce qui reste et dont on ne veut pas, restent des torrents de colère et de tristesse, qui affluent alors qu’on ne les attend pas, reste le regret d’avoir regretté, le remord d’avoir remué, reste la déception de n’avoir pas été, reste ce qu’on veut oublier, ce qui ne se laisse pas oublier, alors que je reste avec toi, avec ce qu’il me reste de toi, alors que reste en moi ce qui de toi n’est plus.
Mort où est ta victoire ?
Oui ! Mort où est ta victoire ? C’est trop facile, ma vieille !
D’autant que tu ne fais pas dans la dentelle, n’est-ce pas ?
Tu y vas à la grosse louche Tu fais mouche de la moindre
toux suspecte ou d’une poussée de fièvre où te conduit
( il s’y entend, question fièvre de cheval!) ton complice,
ton postillon de service. Du plus jeune des innocents aux
plus paisibles pensionnaires de nos maisons de retraite,
c’est la même technique . De faux-cul ! D’hypocrites
qui font les gentils-gentils pour mieux nous « entuber »
Qui se présentent – avez-vous vu ça ? – sur nos écrans TV
stylisés sous l’aspect trompeur d’une pizza margherita
ou d’un petit quatre heures de tarte aux fruits pour écoliers
affamés, voire d’une couronne tressée de fleurs comme
en portaient les premières communiantes d’autrefois
Judas, cauteleux et patelins qui comme Ponce Pilate
vous en lavez les mains -peu recommandables quant
à elles ! – et laissez des familles entières, éplorées,
contraintes aux adieux silencieux, en nombre réduit,
tant proches qu’ amis, aux obsèques des plus chers
de vos chéris, sachez que s’il nous faut payer le prix
d’une victoire à « la Virus » nous hurlerons de joie
à l’annonce de votre défaite complète!
« Fleurs de funérailles »
Il y a des mots pour tout, nous dit-on,
des mots à la vie, à la mort.
Chaque langue serait ce jardin où il nous semble
aisé de les cueillir, de les tenir alors
du bout de l’encre ou du bord des lèvres.
Seulement, parfois ces mots nous manquent,
infiniment moins que toi,
mais ce matin, ils nous manquent
autant que les visages alentour.
Nous aimions pourtant la douceur du silence
quand il figurait cet oiseau
qui s’envolait pour nous ouvrir,
l’un vers l’autre, au seul regard.
Nous aimions sans avoir besoin de le dire
mettre nos pas dans tes pas
et les chemins se nouaient seuls,
s’entrelaçaient comme font les années.
Un autre silence il y a peu nous fut imposé,
sans pouvoir te voir ou te toucher,
lorsque rien en nous ne pouvait épeler
la première syllabe d’un adieu.
Cependant, à cette heure,
nos pas dans tes pas encore,
avec nos mots qui manquent
ou qui se changent en fleurs,
nous sommes bien présents d’où que nous soyons.
Quel que soit la clairière,
le vide tout autour,
rien aujourd’hui n’est moins clairsemé
que notre amour.
« Flores funerarias »
Hay palabras para todo, dicen,
palabras a la vida, a la muerte.
Cada lengua es el jardín donde se nos antoja
sencillo recogerlas, y ponerlas luego
en la punta de la pluma o en el borde de los labios.
Solo que, a veces, nos faltan las palabras,
infinitamente menos de lo que nos faltas tú,
pero esta mañana, nos faltan
tanto como las caras alrededor.
Y mira que nos gustaba el dulce silencio
cuando figuraba esa ave
que alzaba el vuelo para abrirnos,
el uno al otro, a la única mirada.
Amábamos sin necesidad de decirlo
sin guiar nuestros pasos tras los tuyos
y los caminos se trazaban solos,
se entrelazaban igual que los años.
Otro silencio hace poco nos fue impuesto,
no poder verte ni tocarte,
cuando nada en nosotros sabía
deletrear la primera sílaba de un adiós.
Y sin embargo, en esta hora,
nuestros pasos tras tus pasos todavía,
con las palabras que faltan
o que se tornan en flor,
estamos presentes allá donde estemos.
Por extenso que sea el claro
el vacío en derredor,
nada hoy es menos árido
que nuestro amor.
Traducido por Regina López Muñoz
« Flowers for a funeral »
There are words for everything, they say,
words for life, for death.
Every language—a garden where words
seem easy to gather and hold
by the tip of their ink or the edge of our lips.
But, sometimes, we miss these words,
infinitely less than we miss you,
but this morning, we miss them,
just as much as the faces around us.
And yet, we loved the sweetness of silence
when it rose up like a bird
taking flight to bring us closer
to each other, and no one else.
We loved without having to say it,
following in your footsteps,
the paths would weave together on their own,
intertwining the way years do.
Not long ago, another silence fell,
and we couldn’t see you or touch you,
and nothing in us could sound out
the first syllable of a goodbye.
But, in this hour,
our footsteps still in yours,
with our words gone missing
or growing into flowers,
we are present, no matter where we’re from.
Whatever glade,
or empty space around us,
nothing at this moment is less divided
than our love.
Translated by Alex Niemi
« Flores de funeral »
Há palavras para tudo, dizem,
palavras para a vida, para a morte.
Cada língua seria assim aquele jardim onde nos parece
fácil colhê-las, deixando-as então brotar
da ponta da caneta ou aflorar aos lábios.
Só que, por vezes, faltam-nos as palavras,
infinitamente menos que tu,
mas faltam-nos, esta manhã,
tanto como as caras em redor.
E, no entanto, gostávamos da doçura do silêncio
quando, qual pássaro
num bater de asas, nos abria
um para o outro num mero olhar.
Gostávamos, sem que fosse preciso dizê-lo,
de pôr os nossos passos nos teus
e os caminhos atavam-se por si,
entrelaçavam-se como fazem os anos.
Outro silêncio nos foi agora imposto,
sem poder ver-te nem tocar-te,
quando nada em nós sequer soletrava
a primeira sílaba de um adeus.
No entanto, ainda agora,
com os passos mais uma vez postos nos teus,
as palavras que nos faltam
ou se fazem flores,
estejamos onde estivermos, estamos presentes.
Que importa a clareira,
o vazio em redor,
nada hoje é menos esparso
que o nosso amor.
« Cenaze çiçekleri »
Her şeyi anlatan bir söz vardır diyorlar
hayat sözleri, ölüm sözleri.
Her dil bize onları kolayca seçebileceğimiz
bir bahçe gibi görünür, söz tutmak için
mürekkep ucundan, dudak kenarından.
Fakat bazen bu sözler eksik kalır,
senden sonsuzca daha az,
hele bu sabah, etraftaki yüzleri özler gibi
eksik kaldı.
Oysa sessizliğin yumuşaklığını severdik
o kuşu çizdiği zaman
uçtuğu an bizi birbirimize
tek bir bakışta açtığı an.
Söylemesek te severdik
birbirimizin ayak izlerine basarak
yollar kendi kendine bağlanırdı,
yıllar gibi üstünden geçerdi.
Son zamanlarda bize başka bir sessizlik yüklendi,
seni göremeden, sana dokunamadan,
içimizde daha hiçbir şey
elvedanın ilk hecelini seslendiremezken.
Ancak bu saatte,
adımlarımız adımlarında yeniden,
çiçeklenen veya eksik
sözlerimizle,
nereden gelirsek gelelim buradayız.
Ova ne alemde olursa olsun,
etrafı boşluk,
bugün her şeyden çok nadir olan
aşkımızdır.
Traduction: Canan Marasligil
Au revoir
je voudrais te dire merci
merci d’être passé.e sur cette terre
je voudrais te dire
que l’amour est plus fort que la mort
aujourd’hui
nos pensées d’amour fleurissent ton départ
elles viennent de ceux qui ne peuvent être là
nous saluons ta vie, ton chemin
nous regrettons de n’avoir pu
accompagner tes derniers moments
nous ressentons en nous ta présence
en nous, nous entendons ta voix
nous voyons ton regard
les oiseaux chantent plus fort dans ce temps-ci
et c’est pour toi
l’air est plus léger dans ce temps-ci
et c’est pour toi
le monde est suspendu
et nos coeurs qui scintillent à ton souvenir
sont les étoiles d’un ciel nouveau
et ton corps
comme la feuille qui se détache de l’arbre
commence un voyage invisible
le printemps lui répond :
« après la vie il y a la mort
après la mort il y a la vie »
nous te portons en nous comme une caresse
ton poids d’humain va manquer à la terre
je te serre contre mon coeur
au revoir à dieu
je voudrais te dire merci
merci d’être passé.e sur cette terre
Hasta la vista
quisiera darte las gracias
gracias por haber pasado por este mundo
quisiera decirte
que el amor es más fuerte que la muerte
hoy
nuestros pensamientos de amor florean tu partida
son los de quienes no pueden estar ahí
rendimos homenaje a tu vida, a tu camino,
lamentamos no haber podido
acompañarte en tus últimos momentos
sentimos en nosotros tu presencia
en nosotros, oímos tu voz
vemos tu mirada
los pájaros cantan con más ganas últimamente
y es por ti
el aire es más liviano últimamente
y es por ti
el mundo está en suspenso
y nuestros corazones que titilan con tu recuerdo
son los luceros de un cielo nuevo
y tu cuerpo
como la hoja que se desprende del árbol
inicia un viaje invisible
la primavera le responde:
«después de la vida está la muerte
después de la muerte está la vida»
te llevamos muy dentro como una caricia
la tierra añorará tu peso humano
te estrecho contra mi corazón
hasta la vista adiós
quisiera darte las gracias
gracias por haber pasado por este mundo
Traducido por Regina López Muñoz
Elveda
sana teşekkür etmek isterim
bu dünyadan gelip geçtiğin için teşekkür ederim
söylemek isterim ki
aşk ölümden daha güçlü
bugün
gidişin sevgi dolu duygularımızla yeşeriyor
burada olamayanlardan geliyor
hayatını selamlıyoruz, yolculuğunu
son zamanlarında
yanında olamadığımız için üzgünüz
içimizde varlığını hissediyoruz
içimizde, sesini duyuyoruz
bakışını gözlüyoruz
kuşların sesi daha yoğun ötüyor bu aralar
senin için
hava çok daha hafif bu zamanlar
senin için
dünya askıya alındı
ve gönüllerimiz seni anarak parlıyor
yeni bir gök yüzünün yıldızları onlar
ve bedenin
ağaçtan ayrılan yaprak gibi
görünmeyen bir yolculuğa çıkıyor
ilk bahar sesleniyor:
“hayattan sonra ölüm var
ölümden sonra ise hayat”
seni içimizde okşar gibi taşıyoruz
insan ağırlığın bu dünyada eksik olacak
seni sımsıkı gönlümün koynuna alıyorum
elveda Allah’a emanet
sana teşekkür etmek isterim
bu dünyadan gelip geçtiğin için teşekkür ederim
Traduction : Canan Marasligil
Tot ziens
ik zou je willen bedanken
dank dat je op deze aarde hebt vertoefd
ik zou je willen zeggen
dat de liefde sterker is dan de dood
vandaag
versieren onze liefdevolle gedachten je heengaan met bloemen
ze komen van degenen die niet aanwezig kunnen zijn
we groeten je leven, je levensweg
we betreuren dat we
in je laatste momenten niet bij je konden zijn
we voelen in ons dat je aanwezig bent
in ons, we horen je stem
we zien je blik
de vogels zingen luider de laatste tijd
en het is voor jou
de lucht is lichter de laatste tijd
en het is voor jou
de wereld is opgeschort
en onze harten die bij de herinnering aan jou gaan schitteren
zijn de sterren aan een nieuwe hemel
en zoals het blad zich losmaakt van de boom
begint je lichaam
aan een nieuwe reis
de lente geeft het antwoord:
“na het leven komt de dood
na de dood komt het leven”
we dragen jou in ons als een streling
je menselijk gewicht zal aan de aarde ontbreken
ik druk je tegen mijn hart
tot ziens vaar wel
ik zou je willen bedanken
dank dat je op deze aarde hebt vertoefd
Nederlandse vertaling: Bart Vonck
Goodbye
I’d like to say thank you
thank you for being on this earth
I’d like to tell you
that love is stronger than death
today
our thoughts of love adorn your departure
spring from those who cannot be there
we pay tribute to your life, your path
we regret that we couldn’t
accompany your last moments
we feel your presence within
and, within us, hear your voice
we see your gaze
the birds sing louder now
and it’s for you
the air is lighter now
and it’s for you
the world is suspended
and our hearts, twinkling at your memory,
are stars in a new sky
and your body
like the leaf that falls from the tree
begins an invisible journey
springtime tells this leaf:
“after life, there is death
after death, there is life”
we carry you with us like a caress
the earth will miss your human weight
I hold you close
goodbye farewell
I’d like to say thank you
thank you for being on this earth
Translated by Alex Niemi
Avec le mot solitude sous le bras,
Toi,
Qui aurais tant aimé nous donner la main,
Une main ouverte
Où nous aurions cueilli avec toi les premiers jours du printemps,
Où nous aurions entendu tes rires
Et les oiseaux du jardin.
Une main
Où nous aurions trouvé le courage et la force
De vivre malgré tout,
Une main
Avec laquelle tu nous avais appris à marcher,
À travailler ou partager.
Aujourd’hui, tu as traversé la vie
Mais les portes restent grandes ouvertes comme ta main
Et nous savons bien que tu marcheras toujours
Dans nos pensées et dans nos cœurs.
30 mars 2020
« (A Poem for the Occasion) »
You left today
With the word solitude tucked under your arm,
You,
Who would have loved to give us a hand,
An open hand
Where we would have collected the first days of spring,
Where we would have heard your laughter
And the birds in the garden.
A hand
Where we would have found courage and strength
To live no matter what,
A hand
That taught us to walk,
To work or share.
Today, you’ve gone through life,
But the doors remain wide open, like your hand,
And we know that you will walk forever
In our thoughts and in our hearts.
March 30th, 2020
Translated by Alex Niemi
« (Un poema de circunstancias) »
Te has marchado hoy
con la palabra soledad bajo el brazo,
Tú
que tanto habrías querido darnos la mano,
Una mano abierta
donde habríamos cosechado contigo los primeros días de la primavera,
donde habríamos oído tus carcajadas
y los pájaros del jardín.
Una mano
donde habríamos hallado el valor y la fuerza
de vivir a pesar de todo,
una mano
con la que nos enseñaste a andar
a trabajar o compartir.
Hoy, has traspasado la vida
pero las puertas quedan abiertas de par en par, como tu mano
y sabemos muy bien que caminarás por siempre
en nuestros pensamientos y nuestros corazones.
30 de marzo de 2020
Traducido por Regina López Muñoz